Chat Control : l'UE joue le sort de ton chiffrement

Ce qui s’est passé le 29 juin

Sous présidence chypriote, le Conseil de l’UE a réuni le 29 juin ce qui était annoncé comme le cinquième et dernier trilogue sur le règlement CSAR, le texte que tout le monde appelle « Chat Control 2.0 ». Objectif affiché de la présidence : arracher un accord politique avant la trêve estivale.

La ligne de fracture n’a pas bougé. D’un côté, un texte du Conseil qui codifie un scanning de masse des communications privées via des « ordres de détection », un dispositif que le propre service juridique du Conseil juge contraire à l’article 7 de la Charte des droits fondamentaux. De l’autre, un Parlement qui, le 26 mars 2026, a rejeté le scan de masse à une seule voix (307 contre 306) et s’accroche à la protection du chiffrement de bout en bout.

À l’heure où on écrit, aucune source officielle n’a publié le résultat de ce trilogue : ni accord, ni échec confirmé. La présidence chypriote pousse pour une adoption formelle en juillet, mais le blocage sur le chiffrement peut encore tout faire dérailler. C’est précisément ce silence qu’il faut surveiller de près dans les prochains jours.

Pourquoi ça te concerne

Le scanning « côté client » impose d’inspecter tes messages sur ton appareil, avant qu’ils ne soient chiffrés. La crypto de WhatsApp, Signal ou iMessage n’est pas cassée, elle est vidée de son sens : ton message est lu en clair sur ton téléphone avant de partir. Et ce point d’inspection ne reste jamais réservé aux « gentils », il est exploitable par n’importe quel attaquant qui met la main dessus.

S’ajoute la vérification d’âge obligatoire, qui exige d’associer une identité réelle à ton compte de messagerie. C’est la fin de l’anonymat par défaut, vendu sous prétexte de protection de l’enfance.

Ce que tu peux faire

Rien à installer aujourd’hui : c’est un signal politique, pas une faille produit. Mais garde Signal en messagerie de repli, surveille les positions de ton eurodéputé, et suis EDRi / Patrick Breyer pour l’issue réelle. Dès qu’elle sera publiée, on mettra à jour nos articles qui traitent le sujet.