Navigateurs dégooglisés, le faux choix qu'on te vend

Brave, Firefox, Safari, Librewolf. La plupart des alternatives à Chrome tournent sur le moteur de Google. Moteurs, failles et IA agentique, l'essentiel.

Navigateurs dégooglisés, le faux choix qu'on te vend

Ouvre la liste des navigateurs qui promettent de te libérer de Google. Brave, Vivaldi, Opera, Edge, Arc, Ungoogled-Chromium. Une belle brochette d’alternatives, un vrai marché de la dissidence.

Sauf qu’ils roulent presque tous sur le même moteur, Blink, celui de Google. Tu changes la carrosserie, mais tu gardes le bloc-moteur. La diversité que tu crois choisir est un décor.

Ce n’est pas un détail de plomberie. Le moteur de rendu décide de ce que ton navigateur sait faire, de ses failles, et de qui tient la manette en amont.

On va trier ça sur trois axes, la dé-googlisation réelle, la surface d’attaque et les failles vraiment exploitées, et la rupture de 2025-2026, avec l’IA agentique qui rebat les cartes. Sans te vendre Safari comme un coffre-fort inviolable. Il ne l’est pas.


Trois moteurs, pas trente navigateurs

Sur le papier, il existe des dizaines de navigateurs. En réalité, il ne reste que trois familles de moteurs de rendu, Blink, développé par Google, Gecko, maintenu par Mozilla, et WebKit, celui du Safari d’Apple. Tout le reste, ce sont des habillages posés sur l’un de ces trois blocs.

Brave, Edge, Opera, Vivaldi, Arc, tous tournent sur Blink et son moteur JavaScript V8. Autrement dit, sur du Google. Quand Google prend une décision technique, elle se propage à tout l’écosystème, que les éditeurs le veuillent ou non.

L’exemple qui pique, c’est Manifest V3, le changement d’API qui a bridé les bloqueurs de publicité les plus efficaces, décidé par Google pour Chrome, imposé de fait à tous les navigateurs Chromium.

C’est la monoculture de la banane. Une seule variété plantée partout, et une seule maladie suffit à faucher le champ entier. Un moteur unique, une seule direction technique, aucune vraie divergence possible.

Ungoogled-Chromium, souvent cité comme le graal du dégooglisé, illustre parfaitement la limite. Son travail est réel, il retire du code source les composants et services qui parlent aux serveurs de Google. Mais il reste bâti sur le moteur Chromium, dont la trajectoire est gouvernée par Google. Le code est dégooglisé, la télémétrie retirée, mais le moteur reste celui de Google. Tu débranches les mouchards, tu ne changes pas le constructeur.

Le paradoxe Firefox

Face à cette marée Blink, un seul concurrent grand public tient un moteur indépendant, Firefox, avec Gecko. C’est la vraie diversité technique. Sauf qu’elle a un financier gênant.

En 2023, les entités Mozilla ont encaissé 495 millions de dollars de royalties, soit 76 % de leurs 653 millions de revenus total, d’après leurs propres états financiers. L’essentiel vient d’un seul contrat avec Google, dont l’accord porte sur le moteur de recherche par défaut du navigateur.

Le montant exact de la part Google est estimé par la presse autour de 400 à 450 millions par an, mais ni Google ni Mozilla ne l’ont jamais confirmé au dollar près. Prends ce chiffre pour ce qu’il est, une approximation.

Le résultat, lui, n’a rien d’approximatif, l’alternative « indépendante » est financée aux trois quarts par le monopole qu’elle prétend concurrencer. Firefox, c’est le concurrent qui touche un salaire de son rival.

Et ce salaire a failli sauter. En août 2024, le juge Amit Mehta a reconnu Google coupable de monopole sur la recherche, le statut de moteur par défaut verrouillant le marché. En septembre 2025, la décision sur les remèdes a interdit les contrats de distribution exclusifs, mais a explicitement autorisé Google à continuer de payer Apple et Mozilla. Firefox est passé tout près de perdre sa principale source de revenus. Mozilla elle-même a plaidé publiquement que des sanctions plus dures menaceraient l’avenir de Firefox, aveu limpide de sa dépendance.

La hiérarchie honnête de la dé-googlisation

Si on classe les navigateurs par dégooglisation réelle, du plus abouti au plus cosmétique, ça donne un ordre clair, qui n’est pas celui du marketing. Le vrai critère, c’est le moteur, indépendant de Google, ou pas.

Mullvad Browser et Librewolf sont en tête. Tous deux sur Gecko, hors moteur Google, télémétrie retirée, anti-empreinte sérieux, zéro lien commercial avec Google. Mullvad Browser est un Tor Browser sans le réseau Tor, pensé par Mullvad et le Tor Project ; Librewolf est un Firefox durci, uBlock Origin intégré, réglages verrouillés. Les plus hermétiques, si tu acceptes un peu de friction.

Firefox et Safari viennent juste derrière, à égalité de principe, deux moteurs indépendants de Google, Gecko pour l’un, WebKit pour l’autre, avec le même fil qui traîne, le contrat de moteur de recherche par défaut payé par Google. La différence, Mozilla en dépend aux trois quarts pour survivre, Apple encaisse le chèque sans en avoir besoin, et sur un Mac, Safari coupe ce fil en trois clics, moteur de rendu maison, rien à installer.

Ungoogled-Chromium décroche, code nettoyé des services Google, mais moteur Blink en amont. Dégooglisé en surface, pas à la racine.

Brave et Vivaldi ferment la marche des « alternatives ». Chromium durci, tracking Google retiré côté Brave, blocage pub et anti-empreinte en prime, mais le moteur reste V8. Tu nourris l’amont Google à chaque page rendue.

Edge, Opera et Chrome sont hors sujet dès qu’on parle de souveraineté, Blink plus télémétrie maison, voire capitaux extra-européens pour Opera.


Le procès des CVE

Ici commence le piège classique. On aligne le nombre de failles, on désigne un coupable, on referme le dossier. Mauvaise méthode.

Compter les CVE pour juger un moteur n’est pas forcément le plus utile. Plus un moteur a de parts de marché, plus il attire la recherche offensive, plus il génère de failles publiées. Chrome domine, donc Chrome concentre les découvertes. Ça ne dit pas grand-chose de la sécurité relative en soi.

Cela dit, un fait tient, le volume de failles activement exploitées se concentre sur V8, le moteur JavaScript de Chromium. Rien qu’en 2024, au moins neuf failles zero-day de Chrome ont été exploitées dans la nature, plusieurs dans V8. Les correctifs CVE-2025-6554 et CVE-2025-10585, tous deux au catalogue KEV du CISA, sont des exemples récents de confusion de type menant à l’exécution de code. Pour cadrer l’ampleur, Google a suivi 75 zero-day exploités tous produits confondus sur la seule année 2024.

Le KEV, c’est le catalogue des failles activement exploitées que tient l’agence américaine de cybersécurité. Une faille qui y figure n’est pas théorique, elle est exploitée pour de vrai.

Gecko n’est pas épargné, mais il joue à une autre échelle. La CVE-2024-9680, un use-after-free dans Firefox, a été exploitée puis enchaînée avec une évasion de bac à sable Windows pour installer un malware persistant.

À l’inverse, la CVE-2025-2857 est un bon rappel de rigueur, corrigée en urgence par Mozilla car analogue à un zero-day Chrome, elle n’a jamais été exploitée contre Firefox. Corrigée ne veut pas dire exploitée. Confondre les deux fausse tout le débat.

WebKit n’est pas un sanctuaire

C’est le moment où la plupart des articles pro-Apple détournent le regard. Pas moi.

WebKit a, lui aussi, ses zero-day exploités dans la nature, et pas qu’un peu. En mars 2025, la CVE-2025-24201, décrite par Apple comme visant une « attaque extrêmement sophistiquée » et ciblée. En décembre, la CVE-2025-43529, un use-after-free menant à l’exécution de code à distance, exploitée elle aussi et ajoutée au KEV.

Le profil WebKit est constant, des attaques ciblées, souvent enchaînées sur iOS pour livrer du logiciel espion à des cibles précises. Une exécution de code à distance déclenchée par une simple page web, suivie d’une évasion de bac à sable, et l’appareil est compromis.

La lecture honnête tient en une phrase, le volume est chez V8, mais WebKit n’est pas exempt, et les attaques qui le visent sont souvent plus sophistiquées, parfois d’origine étatique. « Safari, plus sûr », sans nuance, est faux.

La cadence de patch, le vrai différenciateur

Là où les moteurs se distinguent vraiment, c’est le modèle de mise à jour.

Chrome et les Chromium se mettent à jour tout seuls, souvent en version stable hors cycle sous 24 à 72 heures après détection. Rapide, réactif. Mais la surface V8 est immense et intensément ciblée.

Firefox suit son propre cycle Mozilla, avec une branche à support étendu (ESR) pour les déploiements stables. Réactivité démontrée sur les correctifs critiques, mise à jour automatique du navigateur.

Safari et WebKit sont liés aux mises à jour de macOS et d’iOS, avec un mécanisme de correctifs de sécurité livrés hors cycle système, longtemps appelé Rapid Security Response et rebaptisé « Améliorations de sécurité en arrière-plan » depuis macOS Tahoe.

L’avantage est réel, le correctif est intégré à l’OS, signé Apple, et la surface d’attaque est plus étroite, sans l’écosystème tentaculaire d’extensions tierces, qui vérole régulièrement le monde Chromium. L’inconvénient, tout aussi réel, un correctif WebKit peut dépendre d’une mise à jour système plus lourde, et les anciennes versions d’iOS restent exposées, justement celles que les zero-day de 2025 visaient.

Réglages Système, Mise à jour de logiciels, les mises à jour automatiques de macOS activées, la cadence de patch intégrée à l'OS

Le verdict équilibré, donc, l’avantage de Safari tient à la cadence de patch intégrée, au bac à sable système et à une surface réduite. Pas à une invulnérabilité. Nuance qui change tout.

Réglages Safari, panneau Recherche avec DuckDuckGo réglé comme moteur par défaut

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L’IA agentique, la faille que personne ne sait fermer

Voilà l’axe le plus chaud, et la vraie rupture de 2025-2026. Pendant qu’on débat des moteurs, une nouvelle catégorie de navigateurs a ouvert une porte que personne ne sait refermer.

Les navigateurs à agent embarqué, Comet de Perplexity, Atlas d’OpenAI, Fellou, Opera Neon, Edge avec Copilot, ne se contentent pas de résumer une page. Ils agissent. Cliquer, remplir, naviguer, envoyer, à ta place. Et c’est précisément là que le modèle de sécurité du navigateur s’effondre.

Imagine un stagiaire zélé à qui tu as confié tes clés, tes cartes et tes mots de passe. Il exécute consciencieusement tout ordre écrit sur un post-it, y compris ceux qu’un inconnu a collés sur les documents qu’il consulte. L’agent IA, c’est ce stagiaire. Il a tes droits, tes sessions ouvertes, tes cookies, et il obéit au texte qu’il lit, même quand ce texte est hostile.

Ce n’est pas une serrure forcée. C’est un ordre glissé à l’oreille du majordome. Le bac à sable et la politique de même origine, les vieilles défenses du navigateur, ne servent à rien. L’attaque ne casse aucune mémoire, elle détourne le sens. On appelle ça l’injection de prompt indirecte.

Le cas fondateur, c’est Comet, documenté par l’équipe sécurité de Brave à l’été 2025. Sur un simple « résume cette page », Comet transmettait le contenu de la page au modèle sans séparer les instructions de l’utilisateur du texte non fiable.

La démonstration a fait le reste, navigation vers les pages de compte de la victime, extraction de son email, récupération d’un code à usage unique dans sa boîte Gmail, exfiltration vers un commentaire Reddit contrôlé par l’attaquant. Le code à usage unique compris, le sésame censé te protéger.

Brave a ensuite montré pire, des instructions quasi invisibles cachées dans une image, extraites par la reconnaissance de texte de la fonction capture d’écran, puis exécutées comme si tu les avais tapées. Comet, Fellou, Opera Neon, même faille. La conclusion de Brave est sans appel, ce n’est pas un bug isolé, c’est un problème de catégorie, l’échec à maintenir une frontière claire entre l’entrée de confiance de l’utilisateur et le contenu web non fiable.

Atlas, lancé par OpenAI en octobre 2025, s’est fait piéger dès sa sortie, du texte caché dans un document en ligne suffit à détourner son comportement, et de fausses URL déclenchent des commandes dissimulées. Puis, en décembre 2025, OpenAI a lâché l’aveu qui compte, les navigateurs IA pourraient rester « toujours » vulnérables à l’injection de prompt. Pas un défaut à corriger dans la prochaine version. Un problème peut-être structurel.

Personne ne sait fermer cette porte. Pas même ceux qui l’ont ouverte.

Une distinction s’impose, par honnêteté. Un assistant qui se contente de résumer, comme Brave Leo, n’est pas un agent qui clique et exécute. Leo lit et répond, il n’a pas les mains sur le volant. Le risque grave, le vrai, c’est l’agentique, l’agent qui agit sur le monde à partir d’un texte qu’il ne sait pas filtrer. Ne mets pas les deux dans le même sac.

Et Safari, dans tout ça ? Apple n’a pas embarqué d’agent qui exécute des actions dictées par le contenu d’une page. La surface « injection de prompt agentique » est donc absente du Safari natif, par construction.

Soyons précis sur ce que ça veut dire, c’est un avantage de périmètre, Apple n’a pas installé cette fonctionnalité risquée, ce n’est pas une supériorité magique de robustesse face à l’IA.

Si tu installes une extension IA, ou si tu utilises une app agentique tierce, la surface d’attaque revient en plein. La sobriété protège tant qu’elle dure.

Et moi ? Quand j’ai besoin qu’une IA agisse sur le web, je ne confie pas les clés à un navigateur agentique tiers. Je fais tourner mon propre assistant, dans mon interface maison, mes règles, mes garde-fous. Ce n’est pas à la portée de tout le monde, je le sais. Mais c’est la seule façon de garder la main, parce qu’en face il y a deux plaies bien distinctes.

Il y a les failles que l’éditeur ne sait pas fermer, l’injection de prompt agentique dont on vient de parler. Et il y a celles qu’il ouvre sciemment, par choix de conception, c’est-à-dire pour siphonner tes données en grand.

Le jour où un assistant IA exige l’accès complet au disque pour simplement lire tes Messages et y répondre, personne ne s’est trompé, c’est juste qu’une entreprise, tentaculaire et bien intentionnée (hihihi), a décidé que ta vie privée et tes données étaient le prix à payer pour la fonctionnalité. Si ça te rappelle la grande époque de Google… ben c’est normal !

À lire : ChatGPT lit tes Messages, le prix c’est ton disque entier


Alors, quel navigateur ?

Pas de classement absolu, ça dépend de ce que tu cherches. Trois profils, trois réponses.

Et non, je ne vais pas te dérouler le réglage fin de chaque Chromium, une case ici pour Brave, une autre là pour Edge ou Firefox. Depuis que l’IA agentique a ouvert une faille que même ses éditeurs disent peut-être infermable, peaufiner trois options dans un navigateur qui roule sur le moteur de Google, c’est astiquer le cuivre pendant que la coque prend l’eau. Le tri se joue un cran au-dessus.

Tu veux la dé-googlisation maximale et la vie privée avant tout. Mullvad Browser ou Librewolf. Moteur Gecko, hors giron Google, télémétrie retirée, anti-empreinte sérieux. Le compromis est réel, quelques sites se comportent bizarrement avec l’anti-fingerprinting, et il faut accepter de bricoler deux réglages. Mais côté souveraineté du moteur, c’est le haut du panier.

Firefox tout court reste l’option grand public sur le même moteur Gecko, plus accessible mais moins durci par défaut, et avec le fil Google-recherche à couper. Librewolf, c’est simplement sa version verrouillée d’usine.

Le test côte à côte le montre, Safari, que tu as sans doute déjà sous la main, randomise son empreinte, tandis que Mullvad Browser te fond dans la masse de ses utilisateurs. Deux stratégies opposées, deux protections solides.

Résultats du test d'empreinte numérique coveryourtracks.eff.org ouverts côte à côte dans Safari (à gauche, empreinte randomisée) et dans Mullvad Browser (à droite, protection forte et empreinte commune, non unique, à taille de fenêtre par défaut), VPN Mullvad actif

Un mot d’avertissement, parce que celle de Mullvad est plus fragile qu’elle n’en a l’air. Mullvad Browser ne te rend pas anonyme par magie, il te fait ressembler à tous les autres utilisateurs de Mullvad Browser. Tout repose sur le letterboxing, le navigateur ment sur la taille de ta fenêtre en l’arrondissant à des paliers standard, pour que tout le monde rapporte la même. Tant que tu le laisses tranquille.

La même Mullvad Browser, fenêtre redimensionnée, le test coveryourtracks renvoie une empreinte quasi unique

Maximise la fenêtre, ou donne-lui une taille inhabituelle, et tu peux tomber dans un palier que presque personne ne partage. Le même test qui t’affichait une empreinte commune te renvoie alors une empreinte quasi-unique, comme illustré ci-dessus, et te rend de nouveau traçable.

La protection ne tient qu’à ta discipline. Gardes la fenêtre par défaut, ne la bricole pas.

Tu es sur Mac et tu veux le meilleur rapport vie privée / effort. Safari, en connaissance de cause, et c’est mon choix. Tu gagnes la cadence de patch intégrée à l’OS, le bac à sable système, une surface d’attaque minimale, y compris face à l’agentique qu’Apple n’a tout simplement pas embarquée.

Et son anti-empreinte a un mérite discret, elle ne s’effondre pas quand tu redimensionnes ta fenêtre, contrairement au letterboxing de Mullvad.

Tu n’y gagnes pas l’invulnérabilité, WebKit a ses propres zero-day, et tu changes le moteur de recherche par défaut dès l’installation pour couper le fil Google.

Ce n’est pas le plus hermétique, et sa vraie limite est là. La télémétrie de Safari, tu la réduis mais tu ne la coupes jamais entièrement, Apple garde la main. Mullvad et Librewolf, eux, sont livrés télémétrie retirée à la source, c’est ce qui les rend préférables pour ce qui est vraiment sensible, au prix de la discipline à maintenir. Safari, lui, protège même quand tu ne fais rien.

Tu es coincé sur un navigateur Chromium pour une extension ou un site qui l’exige. Brave durci est le moins pire de la famille, il retire le tracking Google et bloque la pub. Mais reconnais ce que tu fais, tu nourris le moteur de Google en amont. Ne le présente pas comme une émancipation.

Une règle vaut pour tout le monde, tout de suite. Tiens les navigateurs agentiques à distance de tout ce qui compte, banque, santé, email, comptes pro. La commodité ne vaut pas l’exposition.


En résumé

Le marché des navigateurs vend de la diversité et livre une monoculture. La plupart des « alternatives à Chrome » sont du Chromium, donc de l’amont Google, et le seul vrai concurrent grand public, Firefox, est financé aux trois quarts par Google. La vraie ligne de partage n’est pas la marque du navigateur, c’est le moteur qui tourne dessous.

Côté sécurité, oublie le concours du plus grand nombre de CVE. Le volume de failles exploitées est chez V8, mais WebKit encaisse ses propres zero-day ciblés, et Firefox les siens également.

Ce qui différencie Safari, c’est la cadence de patch intégrée et la surface réduite, pas une armure. Et la vraie bascule de l’année n’est pas là, c’est l’IA agentique, une faille de conception que même OpenAI dit peut-être insoluble.

Concrètement :

  1. Dé-googlisation maximale, vie privée en priorité → Mullvad Browser ou Librewolf (ou Firefox, à durcir).
  2. Écosystème Apple, tranquillité, patch intégré → Safari, moteur de recherche par défaut changé dès l’installation.
  3. Contraint au Chromium → Brave durci, en assumant que le moteur reste celui de Google.
  4. Pour tous, maintenant → aucun navigateur agentique sur tes comptes sensibles, tant que la faille reste ouverte.

Le faux choix, c’était de croire qu’installer un autre navigateur suffisait à sortir de chez Google. Le vrai choix se joue un cran plus bas, sur le moteur, sur la cadence de patch, et sur la fonctionnalité que tu refuses d’activer.


Sources

Le moteur et l’argent

Les failles vraiment exploitées

L’IA agentique


Voir aussi